L’attaque contre un cargo français souligne les risques persistants dans le détroit d’Hormuz
Une route maritime stratégique toujours sous tension entre l’Iran et les États-Unis
L’attaque visant le porte-conteneurs San Antonio de la compagnie française CMA CGM dans le détroit d’Hormuz ravive les inquiétudes concernant la sécurité maritime mondiale, alors que les tensions entre l’Iran et les États-Unis restent élevées.
Ce nouvel incident montre que cette voie maritime essentielle au commerce énergétique mondial demeure extrêmement vulnérable malgré les opérations militaires destinées à protéger les navires marchands internationaux.
Un navire français attaqué dans le détroit d’Hormuz
Selon l’Organisation maritime internationale (OMI) des Nations unies, l’attaque du 5 mai a fait huit blessés parmi les membres d’équipage du San Antonio.
Le navire appartient à CMA CGM, l’un des plus grands groupes mondiaux de transport maritime et de logistique basé en France.
Des responsables internationaux affirment que l’Iran cible depuis plusieurs semaines des navires traversant le détroit d’Hormuz sans coordination ou autorisation préalable de Téhéran.
L’incident relance les craintes d’une escalade au Moyen-Orient et de perturbations majeures pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Désaccord entre les États-Unis et CMA CGM sur le dispositif de protection
Polémique autour de l’opération « Projet Liberté »
L’attaque est survenue quelques jours après le lancement par l’administration du président Donald Trump d’une opération militaire baptisée « Projet Liberté », destinée à escorter les navires commerciaux dans le détroit d’Hormuz.
Cependant, l’armée américaine et CMA CGM donnent des versions divergentes concernant le respect des procédures de sécurité par le San Antonio.
Selon un responsable militaire américain :
- le navire n’aurait pas finalisé les formalités d’enregistrement ;
- il n’aurait pas suivi toutes les consignes de sécurité ;
- il aurait demandé l’aide d’Oman au lieu de contacter les forces américaines pendant l’attaque.
De son côté, CMA CGM affirme que le voyage avait été organisé conformément aux protocoles établis en coordination avec l’Autorité de coopération et de guidage maritime de la marine américaine.
La compagnie française a également confirmé que tous les marins blessés avaient été évacués et pris en charge médicalement.

Le détroit d’Hormuz presque paralysé
Chute du trafic maritime et flambée des prix de l’énergie
Les attaques répétées dans la région ont fortement réduit le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz.
Selon S&P Global Market Intelligence :
- aucun navire n’a traversé le détroit le 6 mai ;
- avant l’escalade, environ 130 navires y circulaient quotidiennement.
Le détroit d’Hormuz constitue l’une des principales voies de transit pour :
- le pétrole brut ;
- le gaz naturel liquéfié (GNL) ;
- les produits énergétiques mondiaux.
Les perturbations ont entraîné une hausse importante des prix :
- de l’essence ;
- du diesel ;
- du carburant aérien.
L’Iran utilise Hormuz comme levier stratégique
Des analystes estiment que Téhéran exploite son contrôle de fait sur le détroit comme moyen de pression dans ses négociations avec Washington.
Le 6 mai, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré que l’Iran examinait une proposition américaine visant à mettre fin au conflit.
Cette déclaration intervient quelques heures après que Donald Trump a menacé de reprendre les opérations militaires si aucun accord n’était trouvé.
Ces dernières semaines, l’Iran a également imposé de nouvelles règles aux compagnies maritimes internationales via une nouvelle entité baptisée « Autorité de gestion du détroit du Golfe persique ».
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé qu’ils garantiraient la sécurité des navires respectant les règlements iraniens.
L’inquiétude grandit dans le secteur maritime mondial
32 navires attaqués depuis le début des tensions
Selon l’OMI :
- 32 navires ont été attaqués ;
- 10 marins ont perdu la vie.
Les experts maritimes estiment que le niveau de risque dans le détroit d’Hormuz reste extrêmement élevé.
Jacqueline Smith, coordinatrice maritime de la Fédération internationale des ouvriers du transport, estime qu’aucun navire commercial ne devrait être autorisé à traverser la zone sans garanties de sécurité absolues.
Elle souligne que la protection des équipages doit rester la priorité absolue.
Les États-Unis suspendent temporairement leur mission d’escorte
À la suite de l’attaque du San Antonio, Donald Trump a annoncé une suspension temporaire de l’opération « Projet Liberté » afin de laisser une chance aux négociations diplomatiques.
Pourtant, quelques jours auparavant, le Commandement central américain (CENTCOM) avait affirmé que deux navires battant pavillon américain avaient traversé Hormuz en toute sécurité sous escorte militaire.
L’incident remet désormais en question l’efficacité des mesures actuelles de protection maritime.
Hormuz reste un point névralgique du commerce mondial
Le détroit d’Hormuz demeure une artère essentielle du commerce énergétique international, permettant l’exportation d’une grande partie du pétrole et du gaz du Moyen-Orient vers les marchés mondiaux.
Cependant, les récents événements montrent que cette voie maritime est devenue un enjeu géopolitique majeur entre les grandes puissances.
Dans ce contexte, le transport maritime mondial devra continuer à faire face à :
- des coûts logistiques plus élevés ;
- des risques sécuritaires accrus ;
- une hausse des primes d’assurance de guerre ;
- des perturbations potentielles des chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales.
