La France interdit la publicité pour les combustibles fossiles importés après cinq ans de retard
La France renforce ses mesures pour accélérer la transition vers les énergies propres
Le gouvernement français publiera, d’ici la fin de l’année, un décret interdisant toute publicité en faveur des combustibles fossiles importés. Cette décision constitue une étape importante dans la stratégie nationale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à promouvoir les énergies propres et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Une lacune juridique enfin comblée après cinq ans
Le 7 juillet, le gouvernement français a confirmé qu’il publierait un décret d’application mettant en œuvre l’interdiction de la publicité pour les combustibles fossiles importés. Cette mesure fait partie d’un ensemble de 22 actions destinées à encourager l’électrification des usages et à réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles.
En 2021, la France avait déjà adopté la Loi Climat et Résilience, qui prévoyait l’interdiction des campagnes de promotion et de marketing des combustibles fossiles. Toutefois, faute de décret d’application, cette disposition n’avait jamais été mise en œuvre.
Le nouveau décret devrait ainsi compléter le cadre juridique et permettre l’entrée en vigueur effective de cette interdiction.

Les publicités pour le gaz naturel seront également interdites
Selon un responsable du ministère français de l’Énergie, le décret mettra fin aux campagnes publicitaires faisant la promotion du gaz naturel, qui continuent d’apparaître ces derniers mois.
D’après ce responsable, ces campagnes sont incompatibles avec la politique nationale visant à éliminer progressivement les combustibles fossiles, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accélérer la transition énergétique.
Les ONG environnementales réclament des règles plus strictes
Si les organisations écologistes saluent cette avancée, elles estiment néanmoins que le futur décret demeure insuffisant.
Greenpeace France juge que les cinq années nécessaires à l’adoption de ce texte sont difficilement justifiables et considère que son champ d’application reste trop limité.
L’organisation, ainsi que plusieurs associations environnementales, plaide depuis plusieurs années pour une « loi Évin du climat », inspirée de la législation française qui encadre la publicité pour le tabac et les boissons alcoolisées. Selon cette proposition, l’interdiction devrait couvrir non seulement la publicité pour les combustibles fossiles, mais aussi l’ensemble des communications des entreprises pétrolières et gazières, ainsi que les produits fonctionnant grâce aux énergies fossiles, notamment les véhicules à essence et diesel.
Objectif : la neutralité carbone en 2050
La France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone (Net Zero) à l’horizon 2050. Sa feuille de route prévoit notamment :
- une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990 ;
- la sortie du charbon d’ici 2030 ;
- l’abandon du pétrole à partir de 2045 ;
- la fin de l’utilisation du gaz naturel en 2050.
L’interdiction de la publicité pour les combustibles fossiles est considérée comme un levier supplémentaire pour faire évoluer les comportements, favoriser les énergies propres et accompagner la transition vers une économie bas carbone.
La France réaffirme son engagement en faveur du financement climatique
Le mois dernier, la ministre française chargée du Développement, Éléonore Caroit, a appelé la Banque mondiale à maintenir son objectif de consacrer 45 % de ses prêts annuels aux projets liés à la lutte contre le changement climatique.
Cette prise de position intervient alors que les États-Unis ont proposé de recentrer les activités de la Banque mondiale sur les projets de développement traditionnels, y compris ceux liés aux combustibles fossiles.
Selon Éléonore Caroit, face à la multiplication des catastrophes climatiques provoquées par le réchauffement de la planète, il est plus que jamais indispensable de préserver les engagements internationaux en matière de financement climatique. Elle estime également que la France doit envoyer un signal fort aux États et aux acteurs économiques afin de réaffirmer son engagement en faveur d’un développement durable et de la transition énergétique.
Voir aussi : IMPORTATION OFFICIELLE DE COSMÉTIQUES DE FRANCE AU VIETNAM AVEC INDOCHINE POST

